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d'après Jacques de LŒFLER qui vécut à Salles et fit oeuvre d'historien

Un peu de géographie

Petit village de 192 habitants, « II parait bon de rappeler le rôle éminent que joua, pendant trois mille ans et plus, la petite ville fortifiée qui se trouvait là et qui ne devint qu'au début du XXe siècle, le modeste village que nous connaissons aujourd'hui.

Salles (qui ne devint " sous-Bois " que récemment) fut un carrefour de routes, celui où se croisaient les deux seules voies joignant le bassin méditerranéen et la péninsule ibérique au reste de l'Europe à travers la barrière des Alpes. C'était le lieu de passage obligé pour tout ce qui voyageait du nord au sud et de l'est à l'ouest et inversement, aussi bien humains que marchandises ou troupeaux en déplacement, en des temps où la vallée du Rhône, habitée par un fleuve indompté coulant dans une vaste plaine marécageuse, était impraticable par voie de terre, cependant que la navigation y posait des problèmes difficiles.

D'ailleurs, c'était la frontière de la France, située de l'autre côté, où l'on s'est toujours méfié de ce qui pouvait venir des “ terres d'Empire ” de la rive gauche.

D'ailleurs, c'était la frontière de la France, située de l'autre côté, où l'on s'est toujours méfié de ce qui pouvait venir des “ terres d'Empire ” de la rivegauche.

Les vieux textes désignent les deux routes qui se croisaient dans le bourg comme, d'une part “ la route du Languedoc à Gap ” par Pont-Saint-Esprit, Pierrelatte, Montélimar, Salles, Taulignan, Nyons, Le Buis et, d'autre part “ le grand chemin des Parties d'Allemagne en Avignon ” par Crest, Chateauneuf-de-Mazenc, Aleyrac, Salles et Montségur, cette vieille Route Royale no 12 qui avait remplacé un grand chemin très ancien qui fut, entre temps, route gauloise et voie romaine

Il fallait donc circuler sur les chemins tracés dès l'époque néolithique dans l'épaisseur de la grande forêt qui couvrait toute la région, en suivant le cours des rivières. Peu à peu, ces chemins étaient devenus pistes puis routes de mieux en mieux revêtues et munies d'ouvrages d'art de plus en plus perfectionnés. »

Un peu d'Histoire

« Si bien que, au flanc du modeste “ serre ” qui domine leur carrefour, au confluent de la Berre et du ruisseau d'Aleyrac, s'est installé, autour d'un oppidum qui devint fortin, puis maison forte, puis château, un village dont la vocation agricole n'était pas évidente sur ces terres ingrates, mais qui remplit pendant longtemps le rôle de poste-frontière, de verrou et de lieu d'étape sur les grands axes routiers servant de poumon au midi méditerranéen et au massif alpestre.

Ce bourg de Salles accueillait les voyageurs, leur procurait hébergement, couvert et ravitaillement, mettait les troupeaux à l'abri des brigands qui, de tous temps, furent nombreux dans la forêt, mais aussi participait à l'entretien des routes que parcouraient, à longueur de journée, piétons, cavaliers, troupes en marche, troupeaux, chariots et voitures. Ce devint vite une petite ville prospère et florissante qui, pendant tout le Moyen-Âge, n'eut jamais moins de 700 habitants et qui tirait ses revenus des droits de péage et d'octroi qu'elle percevait sur les voyageurs et leurs marchandises, sans omettre quelques taxes annexes pouvant paraître surprenantes, tel ce “ droit de pulvérage ”, qui n'était autre qu'un impôt sur la poussière soulevée par les troupeaux traversant la contrée.

Si l'on désirait symboliser l'histoire de Salles par une représentation graphique, il faudrait dessiner une immense fresque montrant une longue file de personnages où l'on reconnaîtrait, pêle-mêle, des rois, des empereurs, des papes, des hordes barbares, des peuples migrants, des armées en marche, des grands de ce monde avec leurs escortes, des caravanes de marchands, des colporteurs sur leur mules, des prédicants, des princes de l'Église, d'humbles religieux, bien d'autres encore, sans parler des bûcherons et des chasseurs, hôtes habituels de la grande forêt. Hannibal, lui-même, était passé par-là, du temps des gaulois, avec son armée de cent mille hommes et quelques dizaines d'éléphants, venant d'Espagne pour rejoindre les cols alpestres et attaquer Rome.

On peut affirmer sans risque d'erreur que ce furent, pendant très longtemps, le carrefour européen le plus fréquenté qui soit et la seule porte permettant de franchir la frontière séparant l'Europe du sud du reste du Continent.

Certes, le temps s'est écoulé, le vieux bourg gardien obstiné de voies devenant secondaires, n'a cessé de péricliter depuis qu’au XVIIIe siècle, il a été privé de ses défenses, de ses remparts, de son château parce qu'il avait été, pendant un temps, aux mains des huguenots, durant les Guerres de Religion. »

Le village a su rester accueillant et ils sont
de plus en plus nombreux les visiteurs
à se fixer là et se trouver bien.
 

 


la route gauloise
et voie romaine

fenêtre à meneaux

ancienne tour des remparts

 

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